Lapa a noite

Il y a des lieux que la nuit transforme. Lapa est de ceux que la nuit embellit.

Lapa est à Rio le quartier de la bohème un peu jeune, un peu musicienne, un peu perdue. Traversé par les fameux arcos da Lapa (voir photo), on y trouve une importante concentration de lieux de vie nocturne: boites, bars, salles de concert etc. En semaine, c’est un endroit plutôt désert, les Brésiliens travaillant beaucoup, ils ne traînent que le week end. Les seules personnes qui peuplent les rues à ce moment sont des bandes d’enfants qu’il ne vaut mieux pas croiser.

Le vendredi soir, l’histoire est toute différente. La municipalité a eu l’idée très bonne de fermer pour la nuit la rue principale Mem de Sâ qui passe sous les arcs, et qui se remplit alors de centaines de fêtards de tous horizons. On croisera des travestis faisant un brin de causette avec des vendeurs de prêt à porter, des gays, des étrangers, des artistes. Tout le monde est là, dans un joyeux bordel, debout dans la rue. Soudain on entend une cloche donner le tempo, puis toute une batucada qui la suit, réfugiée sous les arcs qui font caisse de résonance. Là, la foule se met à danser, quelques couples se forment, les pieds bougent vite, très vite, tout comme les fesses: on danse la samba. La samba est une danse impressionante: elle est à la fois rapide et très sensuelle. Les couples de danseurs se tournent autour et se chauffent dans une sorte de parade nuptiale, mais on ne se touche pas (enfin sauf sur la vidéo qui suit, mais là c’est des pros, ils se connaissent bien)

Un peu plus loin, un autre groupe de musique, cette fois composé d’un accordéoniste, d’un triangle et de percus, met l’ambiance dans la rue. C’est un groupe de Forrò. Plus proche de la salsa, cette danse qui se pratique également en couple, est beaucoup plus lente. On danse très près du corps de l’autre, en parfaite communion. C’est très beau à voir, ces couples de danseurs très concentrés, au milieu d’une foule heureuse qui chante à tue-tête les classiques de la musique brésilienne qu’entonne le groupe à côté.

Si toute cette danse nous a donné soif, on peut aller faire un tour devant les arcs, où une multitude de petites tentes se sont dressées en une heure ou deux avant que la soirée commence. Ici la caipirinha coûte 5 ou 6 reais (un peu moins de 3€) en moyenne et contient l’équivalent en cachaça de 5 caipirinhas françaises achetées en boîte. Et rien de tel qu’une petite brochette de coeurs grillés pour accompagner votre cocktail (enfin, il parait, hors de question que je mange ça).

Un peu plus tard on se dirigera vers les escaliers décorés par Selaron. Après être passé par une toute petite rue pleine de monde, on arrive sur un escalier absolument splendide, décoré de millions de mosaïques multicolores. Cet artiste chilien a passé plusieurs années à recouvrir toutes les surfaces libres avec des carreaux venus du monde entier, et le résultat est magnifique, de jour comme de nuit. Mais ce soir, comme tous les vendredi soir, il y a tellement de monde qu’on ne peut pas trop voir les mosaïques, on sent plutôt une forte odeur d’herbe et on entend des dizaines de musiciens jouer des classiques brésiliens ou internationaux avec les instruments qui ont été ramenés par les uns et les autres. Quelques fois, l’un d’entre eux joue si bien qu’il attire d’autres musiciens, puis le son du pandero fait son effet et une foule compacte se forme petit à petit autour du petit groupe de musiciens, et se met à chanter fort.

Puis, au bout de quelques temps, de quelques baisers volés, de quelques bières, on se rend compte que l’on n’a plus de voix et que le jour se lève. C’est le matin, c’est fini. Pas grave, on reviendra demain!

Ps: aujourd’hui, c’est match de foot, je suis contente! 🙂

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4 réponses à “Lapa a noite

  1. Plus besoin d’aller en boite, donc. Bravo pour ton style et surtout la dernière photo, elle est supère.
    J’attends la suite avec impatience

  2. Quelques coeurs grillés, toi et moi, un air de Forro. Je compte sur toi pour nous apprendre ça. 😉

  3. Pingback: Ordre et progrès… Vraiment? | Caro in Copa

  4. Aaah la caipirinha! J’ai la chance d’avoir un coloc colombien qui a vécu 3 ans au Brésil et donc, m’a préparé une super caipirinha l’autre soir…d’ailleurs à Lisbonne, on s’en remplit la panse pour pas cher non plus!
    Bises Caro, j’kiffe ton blog, continue 😉

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